Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Extraordinairement Unique

Pourquoi je cours (presque) pieds nus

Tout à commencé un matin d'août. J'étais encore en pyjama, je flânais sur le net et j'ai lu un article de Gala's blog où elle expliquait pourquoi elle courait sur la pointe des pieds. Son titre et la vidéo contenue dans l'article m'ont intriguée et j'ai fait quelques recherches sur la course pieds nus et surtout sur les dommages causés par les chaussures renforcées prônées par Nike & co. Puis j'ai haussé les épaules et je me suis dit que, vu que je venais de m'acheter des super Asics à 80€, j'allais les utiliser, et puis c'est tout.

Sauf que, le lendemain, je partais pour deux jours à la mer chez ma tante, qui avait loué pour l'occasion un petit appartemment à 100 mètres de la plage et à 20 mètres de l'entrée du chemin de sable qui y conduisait. J'ai emmené toutes mes affaires de sport dans l'idée de m'offrir une course sur le sable mouillé le lendemain matin (la marée basse est très basse à la mer du Nord). Mais j'ai oublié mes chaussures.

Me voilà donc à huit heures du matin, en short et débardeur de sport, incapable de retrouver mes baskets dans ma valise. C'est là que les articles lus deux jours auparavant refont surface dans mon esprit et je me dis : pourquoi pas ?

J'ai pris l'ascenceur pieds nus et j'ai traversé la rue pieds nus. Puis je suis montée sur le chemin de sable entre les dunes et c'était si agréable que je n'ai plus hésité une seconde.

Je me suis lancée et j'ai couru jusqu'en France.

(bon, on était à la limite de La Panne, la France était à 3km, mais tout de même)

Pieds nus.

Voilà à quoi ressemble la frontière française à La Panne

Voilà à quoi ressemble la frontière française à La Panne

Sur le chemin du retour, vers le quatrième kilomètre, une douleur sous le pied gauche s'est fait ressentir. Mais rien à signaler, peau toute lisse. Deux heures plus tard, une cloque était apparue sur la peau juste entre mon gros orteil et le suivant. Je m'étais brûlée à cause du sable.

Erreur de débutante, certes.

Mais à part ça, je n'avais mal nulle part.

D'habitude, quand je vais courir, je souffre après coup. Mes articulations (je suis hyperlax) trinquent et mon dos aussi. En changeant de chaussures mi-juillet, j'avais cru régler le problème en adoptant des chaussures pour les pieds pronateurs et en demandant surtout conseil dans un magasin spécialisé en chaussures de course, mais après deux semaines, force était de constater que cela n'avait rien changé ou presque.

80€ dans l'os et là, pieds nus, je n'ai pas mal ?

Pourquoi je cours (presque) pieds nus

Bon je romantise un peu le tout, je dois vous avouer que j'ai eu mal. Aux mollets. Toute la semaine. Des courbatures, hein, rien de grave, mais tout de même assez intenses pour me faire descendre les escaliers comme une petite vieille.

Après un rapide tour sur internet, j'étais rassurée : c'était normal.

Quand on court pieds nus (ou en chaussures minimalistes, pour ceux qui veulent éviter les brûlures douloureuses), on atterrit naturellement sur la pointe ou le milieu du pied, la partie la plus charnue. Chaussés de baskets hyper-sophistiquées aux talons renforcés, nos pieds ont tendance à atterrir sur le talon (protégé et amorti) plutôt que sur le milieu du pied.

Ce n'est pas une façon naturelle de courir.

C'est ce que j'ai appris en lisant le passionnant Born to run de Christopher McDougall. Notre talon n'est naturellement pas fait pour amortir le poids du corps, c'est de l'os. Alors, quand on atterrit sur notre talon, naturellement, le choc se répercute dans tout le corps. Jusque dans la colonne vertébrale, ce qui donne des douleurs au dos comme celle dont j'ai souffert. 

De plus, en atterrissant sur le talon, on est en permanence en position d'amorti, justement, alors qu'en choisissant une frappe milieu du pied, on se propulseC'est le but, non, quand on court ?

Frapper le sol du milieu/pointe du pied, c'est pouvoir utiliser notre talon pour repartir de plus belle, comme sorte de ressort. C'est se tenir beaucoup plus droit, presque en avant, et ne jamais voir ses pieds (bah non, ils sont en-dessous de nous, là où ils doivent être). 

C'est, pour ma part, ne plus jamais souffrir de douleurs dorsales ou articulaires. Même à coup de plusieurs courses par semaine. C'est muscler ses mollets et ses jambes encore davantage au cours d'une course (la frappe milieu du pieds étant beaucoup plus gourmande en énergie).

C'est reprendre du plaisir en courant.

Et ce n'est pas ça, le plus important ?

Pourquoi je cours (presque) pieds nus

Et vous, vous courez ?

Vous aimez ça ?

Vous avez mal pendant/après ?

Pieds nus ou baskets de compét'?

 

PS : Maintenant, je cours en "aquashoes" à 6€ de chez Decathlon. La semelle est ultrafine mais protège quand même des brûlures et autres bris de verre et obstacles mineurs. Et je n'ai plus mal. Convaincus ?

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article